Des SDF squattent un bâtiment de la Carolo
publié le 15/03/2010 à 17h51
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Rue Joseph Wauters, 96, à Charleroi-nord. Dimanche et lundi, une vingtaine de militants se sont installés dans 16 logements inoccupés appartenant à la société d’habitations sociales de la Carolorégienne.
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“ Si on ne tient pas compte de nous, on est capable de tout ”, scandent en cœur les militants de Solidarités Nouvelles et du DAL (Droit au logement) français. “ Ca suffit de voir des familles qui ne trouvent pas de logement social. Ca suffit de fermer des bâtiments sans reloger les gens. On-en-a-marre! ”, martèle David Praile de Solidarités nouvelles.
Comment en est-on arrivé là? Que s’est-il passé depuis le temps où Denis Uvier et ses copains SDF plantaient des tentes le long de la Sambre, sur un terril ou à côté du palais de justice? Qu’est-ce qui explique le passage à cette réquisition temporaire menée - non pas par les pouvoirs locaux comme d’aucuns l’attendent depuis longtemps - mais bien par les militants eux-mêmes? C’est la lassitude. Le ras-le-bol d’accompagner des familles à la rue et de ne rien voir venir.
“ Cela fait plus d’un an que l’on demande au bourgmestre d’appliquer la réquisition douce (c’est-à-dire de négocier avec le propriétaire pour remettre en état son bien tout en l’occupant)”, explique le président de Solidarités nouvelles, Paul Trigalet.
C’est ce contexte qui a poussé les éducateurs à faire - comme le dit si bien une des chevilles ouvrières de L’ASBL, Denis Uvier- de la “ désobéissance civique ”. “ On assiste à une chasse aux marchands de sommeil. Et c’est très bien. Mais cela crée des expulsions sans relogement! ”
À défaut d’un signal clair des autorités communales, L’ASBL ne compte pas en rester là. D’autres bâtiments publics pourraient à nouveau être réquisitionnés. Présent lors du mouvement de grogne, le président de la Carolo Michel Russo dit partager le sentiment de révolte ambiant. Il espère par ailleurs que le bâtiment pris d’assaut par les militants sera rénové d’ici la fin 2010. C’est suite à quatre incendies criminels en juin 2009 que 16 locataires ont dû être relogés à la rue Ferrer.
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