Chapelle : faut-il être fou pour être prof ?

Chapelle : faut-il être fou pour être prof ?

Ne ratez pas le one-man-show de Pierre Mathues, le 16 mai à Chapelle

En 1h15 (sans intercours), le Carniérois Pierre Mathues brosse avec humour un tableau impitoyable de l’école. Un spectacle décapant, salutaire à l’heure où l’école est, il faut bien le dire, en pleine crise. Un one-man-show interactif qui appelle vos réactions...

Publié le 28/04 à 11h28

Les bulletins, les classes vertes, la rentrée, les congés... Rien n’échappe au trait humoristico-grinçant du Carniérois Pierre Mathues. Son one-man-show ne laisse personne indifférent: parents, enseignants, élèves... n’avons-nous pas tous en commun ces longues années passées sur les bancs de l’école?

À l’heure où 45 % des jeunes enseignants abandonnent le métier après à peine cinq ans de pratique, Pierre Mathues continue d’y croire. Ce qui n’empêche pas cet ex-prof de français (pendant 20 ans dans l’enseignant professionnel), aujourd’hui conseiller pédagogique pour ses pairs, d’appuyer là où ça fait mal. Mais seulement à l’aide de l’arme suprême: le rire.

>Pierre Mathues, l’école, vous trouvez ça drôle?

“ Seul l’humour me permet de dire ce que je pense réellement de notre système scolaire. Autrement, mes propos susciteraient des réactions trop passionnelles, voire la censure. Parfois aussi, on rit pour ne pas pleurer. On s’esclaffe pour survivre. Parce que l’univers scolaire peut-être très dur. Mais mon spectacle reste foncièrement tonique, optimiste. Parents, élèves, enseignants, nous avons tous besoin d’espoir et de sens ”.

>Comment l’idée du spectacle “ Silence dans les rangs ” est-elle née?

“ Le déclic est venu d’un bouquin: le “ Petit Manuel de savoir-vivre à l’usage des enseignants ” de Boris Seguin et Frédéric Teillard. Avec l’autorisation des auteurs, je m’en suis très librement inspiré. J’ai d’abord présenté ce spectacle lors de mes formations avec les enseignants. Avant de sauter le pas. La première a eu lieu en décembre dernier à la Fabrique de Théâtre. Les trois dates ont fait salle comble. À noter que le public participe aussi à ce spectacle interactif. Ca promet! ”

>Faut-il réellement être fou pour être prof?

“ Oui, mais pas au sens psychiatrique du terme. C’est plutôt de grain de folie dont je voudrais parler. Nous avons besoin d’enseignants qui osent le rêve et l’utopie, qui soient inventifs face à un monde qui déboussole autant les jeunes que les adultes ”.

>Qu’est-ce qui ne va pas dans l’enseignement actuel?

“ La motivation. Les enseignants me parlent de leur difficulté d’intéresser des élèves désabusés, persuadés que l’école ne leur sera d’aucun secours pour se construire un avenir qui, à leurs yeux, est encore de la science-fiction. Manque de motivation aussi de la part d’un certain nombre d’enseignants. Il s’agit d’un métier difficile, fatiguant. Mais au même titre que celui d’une infirmière ou d’un sidérurgiste... Reste qu’un enseignant doit donner l’envie d’apprendre. Il faut de la pêche, de l’énergie ”.

>Quel type d’école défendez-vous?

“Je suis pour la mixité sociale et contre le redoublement. Je suis assez séduit par le modèle finlandais. Les élèves ont pour obligation de fréquenter l’école de leur quartier jusqu’à 14 ans. Même enseignement pour tous jusqu’à cet âge et la dimension humaine est préservée. Ensuite, il y a une véritable orientation qui s’opère. Avec le souci de déterminer ce pour quoi le jeune a réellement des aptitudes ”.

>Quel est votre meilleur souvenir en tant que professeur?

“ Avec mes élèves de professionnelle, nous avions créé un défilé spectacle. Les élèves de générale avaient été invités. Les premiers craignaient les moqueries, les seconds le prenaient de haut. Mais ils ont été épatés, sciés par le résultat. Des contacts se sont noués. Chacun a révisé ses préjugés. Pour moi, ce fut l’une de mes expériences les plus fortes ”.

À NOTER “ Silence dans les rangs ” (www.silencedanslesrangs.be),

de et par Pierre Mathues, le 16 mai à

20 heures à l’hôtel de ville de

Chapelle-lez-Herlaimont. Prix : 6 € en

prévente (064/43.13.35) et 8 € sur

place. Sur une mise en scène de

Jean-Louis Danvoye, avec les voix

d’Amélie Nothomb, Bruno Coppens,

Bernard Melchior, Anne Simon,

Dominique Watrin, Loulou Godet et

William Dunker.