Publié le Mardi 15 Octobre 2013 à

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Bois d'Haine: Lamy Lutti doit revivre, ici ou dans la région!

Rédaction en ligne

Alors que des volutes de fumée s’échappent toujours de l’usine sinistrée, l’heure est au bilan. Lourd, très lourd ! De Lamy Lutti il ne subsiste qu’un bâtiment administratif et l’entrepôt d’expédition. Plus aucun bonbon ne sortira de Bois-Haine. Plus jamais ? C’est toute la question !

Lundi matin, un dernier camion de pompier quittait le site. Si l’incendie a fini par être circonscrit, quelques foyers peuvent subsister dans des lieux inaccessibles. Les hommes du feu étaient encore sur place pour s’assurer que plus aucun danger de reprise n’existait. L’odeur de sucre brûlé est toujours là et des fumées s’envolent encore. « Normal, expliquait un pompier, des produits ont fondu, brûlé, formant des croûtes sous lesquelles il reste des poches de chaleur. De l’eau qui s’y infiltre part alors en vapeur… cela peut encore durer au vu des quantités d’eau utilisées. Il n’y a plus de danger avec le feu mais la grosse inquiétude, c’est l’état du bâtiment. Les vieilles structures ont été minées par le feu, certains murs dataient du début du siècle passé. Il faudra sans doute tout abattre ».

À l’entrée du site, devant les bâtiments administratifs, une trentaine de membres des 150 ouvriers et employés de Lamy Lutti viennent aux nouvelles. D’abord pour s’enquérir de l’état de santé de leurs deux collègues toujours hospitalisés (voir ci-contre). Mais ils l’ont bien compris, ce n’est pas demain qu’ils reprendront le travail. Là en tout cas. Quoi qu’il en soit, ils sont là ! Unis dans la tristesse pour parler d’hier, d’aujourd’hui et s’interroger pour demain. Vaille que vaille, entre les coupures incessantes de courant, les services administratifs sont au poste comme les membres de la direction. Objectif, encadrer les membres du personnel, effectuer les démarches administratives pour une période de chômage qui risque de s’éterniser.

Tous au chevet de Lamy Lutti

Hier matin aussi l’heure était aux questions d’assurance. Les assureurs sont sur le dossier mais impossible pour eux de pénétrer dans la plupart des bâtiments sinistrés. Trop dangereux. De toute façon, tout est détruit, des locaux aux machines en passant par les stocks de matières premières (à l’exception d’un silo de 50 tonnes de sucre) et les conditionnements. Et vu la vétusté des bâtiments et de certaines machines de production, il se dit que ce n’est pas avec ce que l’assurance pourra verser que l’on pourra relancer une production à Bois-d’haine. Le personnel et la direction locale penchent pour une reprise des activités sur le site ou dans la région. Tout comme les autorités politiques locales et les organisations syndicales CSC-CNE et FGTB-SETCa qui sont en relation permanente avec la direction.

Des contacts ont également été pris avec le cabinet du ministre Marcourt (Affaires économiques) à la Région. Mais comme le confirmait Jean-Pierre Debras, le directeur du site, il est trop tôt pour dire ce qu’il en sera. Une réunion est programmée vendredi avec la haute direction, les organisations syndicales on devrait en savoir plus à ce moment. Le directeur, même s’il n’est en place que depuis un mois et demi, est sensible à l’avenir de l’usine et de son personnel. «  Aujourd’hui, une chose est sûre, je me bats pour une reprise des activités ici ou dans la région. Nous avons un savoir-faire, une histoire et l’entreprise est ancrée dans les mentalités  ».

Hier aussi les grands patrons allemands étaient sur le site pour faire le point. Envisager toutes les pistes pour assurer l’approvisionnement des clients et préserver l’image de la marque. « Il reste près de 600 tonnes de produits finis, prêts à livrer. L’AFSCA les avait mis sous scellés et on devrait, avec leur autorisation, pouvoir les livrer mais c’est une goutte d’eau par rapport aux 12.000 tonnes que produit le site. Pour le reste, une partie de la production qui était faite ici peut être délocalisée vers d’autres sites du groupe, mais il faut voir, où, comment, dans quelle proportion. Mais une certitude, tout ce qui se faisait ici ne pourra pas être fait ailleurs. Nous avions des gommes qui n’étaient faites et qui ne peuvent être faites qu’ici… »

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