Tribunal de Charleroi: Soufiane, la terreur du bus
Photo Denis Gauvain
Ils sont quatre “ grands ” à être poursuivis devant le tribunal correctionnel pour avoir maltraité un “ petit ” dans le bus de Marcinelle Bruyère. Sébastien a été attaché à la barre du bus avec des colsons. Il n’avait que 14 ans!
an.D.
Publié le Mardi 7 Février 2012 à 17
La ligne de bus de Marcinelle Bruyère était, semble-t-il, particulièrement connue pour être “ difficile ”. Les grands grimpaient à l’arrière, bruyants et chahuteurs, en cherchant, au quotidien, un moyen d’ennuyer les “ petits ” qui se massaient à l’avant, dans la terreur de ce qui allait se passer... La loi du silence protégeait les premiers tout en engluant les autres dans une souffrance diffuse et paralysante.
Jusqu’au 10 octobre 2008. Ce jour-là, le stade de la blague de potache est largement dépassé. Quatre grands s’en prennent particulièrement au jeune Sébastien, un gamin de 14 ans. Une calotte, un coup de poing et le voilà carrément soulevé pour être attaché à la barre du haut à l’aide d’attaches colson... Le malheureux a le poignet complètement dévissé! Et la situation est tellement extrême que le chauffeur stoppe carrément son bus pour mettre fin aux exactions des jeunes voyous qui sévissent à l’arrière!
Ils sont bien entendu connus de tous, identifiés et dénoncés. Et majeurs en plus. Les voilà donc poursuivis pour cette scène déplaisante devant le tribunal correctionnel de Charleroi.
Des quatre gaillards, Soufiane est le seul à s’être présenté devant le tribunal. Un “ costaud ” au physique impressionnant, le genre à qui on ne doit pas souvent dire non... même si cela ne le rend pas coupable d’office. Les potes d’hier - Mikaël, Jérôme et Damien - font défaut aujourd’hui. Pas grave, le substitut du procureur du Roi Anne-Catherine Broucke a requis “ au moins un an de prison ferme ” pour ces trois jeunes. Pour Soufiane, elle se montre plus sévère encore. Parce qu’il y a eu d’autres scènes de violence: “ Il faudra apprendre qu’en faisant le caïd, on n’impressionne que sa bande, lance-t-elle à l’intéressé, et que cela n’entraîne que le mépris de la société ”.
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