Publié le Dimanche 28 Août 2011 à

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Charleroi: le blues des prostituées

Rédaction en ligne

Les prostituées, rue des Rivages, ont connu des jours meilleurs. Des crachats, le regard des usagers du TEC et des clients qui font ce qu’ils veulent une fois qu’ils les ont embarquées en voiture, la situation n’est pas rose pour ces filles...
L’endroit est, il est vrai glauque... (TP)

L’endroit est, il est vrai glauque... (TP)

Je crois que les filles se sentaient nettement mieux en sécurité qu’ici, rue des Rivages ”, commente Martine Di Marino, responsable de l’asbl Dedall, qui suit de près les prostituées.

On le sait, depuis le 15 août dernier les “ filles ” ont dû quitter le triangle (et surtout la rue de Marcinelle et son quartier), pour opérer maintenant dans la rue des Rivages, derrière les bâtiments du TEC.

Une situation qui semble ne satisfaire personne. “ Et certainement pas les filles! ”, confirme Martine Di Marino. “ Le sentiment d’insécurité y es t plus fort: là où elles sont, il n’y a personne. Quand on les voit du ring, on a l’impression d’une sorte de marché aux filles, exposé à la circulation. Et qu’il y ait du soleil ou qu’il pleuve, elles n’ont rien pour s’abriter...

Impression confirmée par les nouvelles usagères des trottoirs de la rue des Rivages: “ En plein soleil, on dégouline de sueur ”, commente Isabelle. “ Et sous la pluie, c’est encore pis. ” Mais la météo semble un moindre mal, face aux nouvelles pratiques que leur délocalisation impose aux filles: “ Avant, dans le triangle, nous montions dans une chambre avec le client. L’hôtel, les filles d’à côté savaient avec qui on était, nous étions plus en sécurité dans cet entourage que nous connaissions et qui nous connaissait. Maintenant, quand on monte en voiture, on ne sait pas où le client va nous emmener. Une fille a même pris peur, l’autre jour: le client partait dans une tout autre direction que celle où la fille lui avait dit d’aller. Au premier feu rouge, elle est parvenue à quitter la voiture.

Mises à l’écart, les filles sont aussi la proie de petites andouiles, des mineurs, qui s’amusent à leur cracher dessus. “ Au triangle, ce genre de faits n’aurait pas duré ”, commente une autre fille. Malgré tout, certaines déclarent comprendre la politique qui les a amenées ici: “ Près d’écoles, devant des familles, ce n’est pas l’idéal. Mais se retrouver ici, c’est d’un extrême à l’autre .” Certains clients sont même gênés de s’arrêter ici: “ Ils ont peur d’être reconnus ”, confirme Martine Di Martino. “Avec le triangle, n’y allaient que ceux qui savaient pourquoi ils y allaient. Mais, rue des Rivages, le trafic reste incessant. L’idéal aurait été de conserver le Triangle.” Mais les objectifs, qu’ils soient immobiliers ou de police publique, en ont décidé autrement.

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