Publié le Dimanche 10 Septembre 2017 à

Culture > Cinéma

43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville: le palmarès du jury de Michel Hazanavicius ne fait pas l'unanimité.

Festival de Deauville, Pierre Germay.

Le jury du 43 ème Festival du cinéma américain de Deauville, présidé par Michel Hazanavicius, a décerné ce samedi soir son Grand Prix à « The Rider » de la réalisatrice sino-américaine Chloé Zhao. Elle y filme un jeune cowboy de rodéo qui, suite à une grave chute sur la tête, se voit interdire par la faculté de poursuivre son activité. La réalisatrice montre alors le destin brisé d’un jeune homme qui entreprend la quête d'une nouvelle identité, obligé de renoncer à son rêve.


Tout le monde n’est pas d’accord avec les choix du jury de Michel Hazanavicius.

AFP

Tout le monde n’est pas d’accord avec les choix du jury de Michel Hazanavicius.

Tout en précisant que ce choix n'avait pas fait l'unanimité (NDLR : c’est le moins que l’on puisse dire), le président Hazanavicius a assuré sur scène que, pour son jury et lui, « ce film nous a paru extrêmement puissant avec un mélange de poésie, beaucoup d'humanité et une réflexion politique ». Une réflexion politique ? Pas sûr que la majorité des festivaliers aient bien vu le même film.

Le jury a, par ailleurs, choisi de décerner deux autres prix, sans plus de précision sur leur nature : un prix du jury a ainsi été attribué conjointement à « Brooklyn Yiddish » de Joshua Z. Weinstein, dans lequel un homme issu du quartier ultra-orthodoxe de Brooklyn se bat, après son divorce, pour obtenir la garde de son jeune fils envers et contre la tradition hassidique ; et à « A Ghost Story » de David Lowery, l’histoire d’un homme qui, après son décès, revient hanter la maison familiale pour aider la femme qu’il a tant aimée. Mais il doit bien se résoudre à n’être plus qu’un témoin passif, errant confronté aux questions profondes et ineffables du sens de la vie.

Le réalisateur de ce film de fantôme, David Lowery, présent pour la proclamation du palmarès ce samedi soir, était aux anges. Il faut préciser qu’en plus du prix du jury, « A Ghost Story » remporte également le prix de la critique et celui du jury révélation, présidé par la comédienne Emmanuelle Bercot. Et, à chaque fois, à l'unanimité.

Même si « A Ghost Story » avait recueilli durant la semaine les faveurs de nombre de festivaliers, le prix du public, décerné par la ville de Deauville, est allé finalement à « Mary » de Marc Webb, l’histoire d’une petite orpheline surdouée en mathématiques qui est élevée par son oncle quoique sa grand-mère ait d’autres projets pour sa petite fille.

Au terme de ces huit jours de Festival, que faut-il penser de ce palmarès ? Qu’en récompensant « The Rider » et un autre prix à « Brooklyn Yiddish », un film sans intérêt particulier, le jury de Michel Hazanavicius a pris tout le monde à contre-pied, les deux autres films au palmarès répondant bien davantage aux aspirations du public et de la critique.

Pour le reste, on gardera de cette 43 ème édition du Festival de Deauville un petit goût de trop peu : là où il y a quelques années encore, Deauville recevait des monstres sacrés d’Hollywood comme Spielberg, Coppola, Nicholson, Matt Damon (présent avec son dernier film à Venise) ou Meryl Streep, force est de reconnaître, malgré tout le respect qu’on leur doit, que les invités de cette année, pour la plupart, ne jouent pas dans la même catégorie.

Et si en plus, leur rencontre avec la presse est programmée pour ainsi dire à la même heure que la projection des films de la compétition, on comprend mieux le sentiment ambiant de frustration.

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