Publié le Vendredi 17 Février 2017 à

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Donald Trump s'emporte contre les journalistes: "Je vous dis simplement que vous êtes des gens malhonnêtes"

Afp

Donald Trump a laissé éclater sa frustration, ce jeudi, à l’égard d’une presse « malhonnête », de « fuites criminelles » au sein du gouvernement et de la situation « chaotique » dont il dit avoir hérité à la tête des Etats-Unis. Une conférence de presse placée sous le signe de la colère et du ressentiment.

Les murs de la prestigieuse « East Room » de la Maison Blanche ont tremblé jeudi sous le torrent de paroles du président Donald Trump qui s’en est pris tour à tour à la presse, à la justice ou encore aux démocrates accusés de saper ses efforts.

Combatif mais visiblement blessé aussi, semblant parfois sur le point de perdre le contrôle, le magnat de l’immobilier a défendu ses débuts au pouvoir.

Pendant près d’une heure et demie d’une conférence de presse décousue et à la tonalité totalement inédite en ces lieux, il a, entre autres, évoqué le spectre d’un « holocauste nucléaire ».

Reuters

La nouvelle administration Trump fonctionne « comme une machine bien réglée », lance d’entrée le président républicain, contre toute évidence.

À tous les égards, les premiers pas au sommet de l’Etat de ce novice en politique furent agités : des millions de personnes dans les rues au lendemain de son inauguration, un cinglant revers judiciaire sur son décret anti-immigration emblématique, la démission forcée de son principal conseiller diplomatique…

Assurant avoir hérité d’une situation « chaotique » il affirme, en énumérant les décrets signés dans le Bureau ovale, que jamais une présidence n’avait fait autant en si peu de temps. « Les gens le savent, la plupart des médias, non. Ou plutôt, ils le savent, mais ils ne l’écrivent pas », ajoute-t-il, désignant le bouc émissaire du jour : la presse.

Évoquant « un niveau de malhonnêteté hors de contrôle », il reprend des expressions de campagne qui faisaient mouche devant ses partisans, stigmatise les élites des côtes Est et Ouest qui vivent dans une bulle et ne comprennent rien à la vraie Amérique. « La plupart des médias, à Washington DC, mais aussi à New York et Los Angeles, ne parlent pas pour le peuple mais pour des intérêts particuliers et pour les profiteurs d’un système qui est cassé », dit-il, index dressé.

« Je vous dis simplement que vous êtes des gens malhonnêtes », tempête-t-il un peu plus tard. « Le public ne vous croit plus ! »

« Asseyez-vous », lance-t-il à l’attention d’un journaliste qui tente une relance après sa question. « Taisez-vous ! », lâche-t-il à un autre.

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Reporters

« Les fuites sont réelles, les informations sont fausses », ajoute-t-il à propos de l’avalanche de révélations qui dressent chaque jour un tableau un peu plus troublant de ses relations avec le maître du Kremlin.

Un journaliste s’étonne, dans un indescriptible brouhaha, de cette étrange formule. Si les fuites sont bien réelles et portent sur des faits avérés, comment les informations peuvent-elles être fausses ?

C’est le « ton », répond, agressif, le président américain, qui dénonce « la haine » dont il fait objet, tout en épargnant, comme à chaque fois, un seul média : Fox News, la chaîne de télévision favorite des conservateurs américains.

Parfois, le président de la première puissance mondiale prend des libertés avec la réalité historique. Il affirme, en introduction, avoir remporté la plus grande victoire en nombre de voix du collège électoral depuis Ronald Reagan. Un journaliste lui fait remarquer que c’est faux. « C’est ce qu’on m’avait dit », balbutie-t-il en regardant ses notes avant de passer à une autre question.

« Pas une mauvaise personne »

« Vous savez, je ne suis pas une mauvaise personne », glisse-t-il entre deux flèches décochées contre les membres de l’administration Obama qui disséminent de fausses informations. « Ce n’est pas Donald Trump qui a divisé le pays », lance-t-il. « Nous vivions déjà dans un pays divisé. »

Même s’il répète à l’envi que les sondages ne sont pas des indicateurs fiables, Donald Trump, très sensible à son image comme tous ses prédécesseurs, garde un œil sur ces derniers. Et les chiffres du début de sa présidence sont mauvais, très mauvais.

Reporters

Selon une enquête du Pew Research Center publiée jeudi, sa popularité après un mois au pouvoir est nettement plus basse que celle des cinq hommes qui ont occupé le Bureau ovale avant lui, qu’ils soient démocrates ou républicains.

Au total, 39 % seulement des Américains interrogés approuvent son action à la tête de l’Etat (56 % désapprouvent).

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