Publié le Mardi 14 Février 2017 à

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Procès d'Amédeo Troiano, accusé du triple assassinat de Visé: des témoins évoquent une personnalité plus sombre d'une victime

Belga

Plusieurs témoins cités mardi après-midi devant la cour d’assises de Liège ont évoqué la personnalité plus sombre de Benoît Philippens, une des trois victimes des faits commis le 18 avril 2014 à Visé. Benoît Philippens a été décrit comme un banquier qui pouvait aussi avoir des attitudes déplacées envers des collègues et des clientes. Une employée a même dénoncé à l’audience des faits de viol dont elle n’avait encore jamais révélé l’existence.

Thomas Van Ass

Amédeo Troiano est suspecté d’avoir commis les assassinats de Benoît Philippens (36 ans), de son épouse Carol Haid (38 ans) et du filleul de cette dernière, Esteban Counet (9 ans). Ce couple de banquier et leur filleul avaient été exécutés de plusieurs tirs d’arme à feu le 18 avril 2014 à Visé.

Dans le cadre de l’exploitation lors de l’enquête de la piste privée, plusieurs employés ou clients de la banque dirigée par Benoît Philippens ont été auditionnés. Toutes ces personnes avaient fait part du comportement de séducteur ou de harceleur du banquier. Certains d’entre eux avaient évoqué le fait que le banquier avait peut-être été trop loin dans ses attitudes déplacées avant d’être victime d’un mari jaloux.

Une employée de la banque, qui avait succombé aux charmes de Benoît Philippens entre 2005 et 2006, a rapporté qu’elle avait été dénigrée après la rupture. Le banquier avait révélé le contenu de mails intimes. «  Il était manipulateur, menteur et manquait de respect. C’était un malade qui devait être recadré », a exposé une dame.

D’autres employées ont été confrontées à ce comportement déplacé. Elles ont rapporté que Benoît Philippens les draguait ouvertement, leur adressait des compliments déplacés ou avait des gestes très tendancieux. Certaines employées ont pris conseil auprès d’un médecin du travail de la banque. Mais elles ont toujours hésité à déposer plainte, par peur de représailles ou de conséquences sur le plan professionnel. Une employée de la banque a même détaillé des faits de viol commis sur elle en mai 2009 dans une agence de Welkenraedt par Benoît Philippens. Ces derniers faits n’avaient pas été dénoncés à la justice. Aucune autre femme, dans le dossier, n’évoque des faits de viol.

Un conseiller médical auprès de la BNP Paribas Fortis a décrit Benoît Philippens comme un homme qui avait un double visage. Son attitude était déplacée envers les employées féminines de l’agence. « Il traitait son personnel comme du bétail. Il était aussi fier d’éjecter de sa clientèle les clients à problèmes  », a indiqué le témoin.

Les jurés ont également pu entendre le témoignage de l’épouse de feu Michel Daerden. Le politicien et sa fille étaient clients de l’agence BNP Paribas Fortis d’Ans. Après le décès de Michel Daerden, sa fille avait été confrontée à des démarches à réaliser dans le cadre de la succession. Lorsque cette jeune fille âgée de 21 ans s’était présentée à l’agence, elle avait été confrontée à Benoît Philippens, qui a insisté pour s’occuper personnellement de son cas.

La fille de Michel Daerden avait confié à sa mère qu’elle avait ressenti un malaise par rapport aux attitudes affichées par le banquier. Elle se sentait embarrassée et oppressée par celui-ci. Mère et fille ont ensuite décidé de ne plus se séparer pour assister aux rendez-vous à l’agence. « Il était un homme qui ne regardait jamais dans les yeux car son regard était toujours porté sur le décolleté. Il nous a fait du pied en dessous de la table et nous a fait des propositions déplacées. Même si ce n’était pas un harceleur, il a tout essayé quand il draguait à la fois la mère et la fille », a indiqué la veuve de Michel Daerden.

Selon le témoin, Benoît Philippens était très professionnel, même s’il était pressant sur le plan intime. Mais dans le cadre de la gestion de la succession de Michel Daerden, il avait pris fait et cause pour sa fille, au détriment de la fratrie. Benoît Philippens aurait même commis une faute professionnelle en effectuant des opérations non-réglementaires au détriment notamment de Frédéric Daerden.

Les auditions des témoins de personnalité des victimes reprendront mercredi matin.

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